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egfrild

poésie, partout où elle se trouve...

Jean Rousselot

Publié le 21 Août 2016 par egfrild dans Poète

Les moyens d'existence

Il faudrait être encore plus simple,
Si simple que l'on puisse entrer
Dans la simplicité du vent,
Du soleil poussiéreux
Du linge qui pantelle sur la corde sans se plaindre.
Il n'y a pas de désespoir dans le monde,
Ni d'espoir.
Il n'y a que la simplicité du vent,
Du soleil,
Du linge,
De la corde;
Il n'y a que la simplicité de l'eau,
Ses vergetures d'accouchée;
Il n'y a que l'eau,
Le caillou,
La simple nécessité de brûler et de mourir.
Il faudrait pouvoir entrer sans frémir
Dans les choses.
Pourquoi cette révulsion de notre cœur?
Pourquoi cet éternel énervement de nos nervures?
La pensée ne construit rien. Le sentiment nous épuise.
Nous serrons les dents et saignons
Sans accoucher.
Nous pianotons sur les choses
Comme une pluie dont chaque goutte
Aurait peur de se faire du mal.
Nous sommes les petits électrisés du monde.
Nous n'entrons pas.

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Serge Wellens

Publié le 20 Août 2016 par egfrild dans Poète

Serge Wellens

L'arbre au fond de la rivière

La forme d'un poisson se pose
sur la branche la plus lointaine
et tremblante d'un reflet

Passe l'ombre d'un homme
un instant retenue
par de vagues remous
d'écorces
de racines
(C'est ainsi
les hommes sont mortels
Ils meurent
on dit qu'ils passent )

Et puis s'en vient l'apparence d'un chien
désœuvré cherchant dans son propre rêve
un coin de nuit pour dormir

Alors l'oiseau
très haut dans le ciel
désert jusqu'à l'absence
étant seul à voir cela
se prend à douter de ses ailes
et tombe .
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Ed Valentine

Publié le 19 Août 2016 par egfrild dans Peintre

Tendres et tragiques portraits d'Ed Valentine.

Des coulures, des ratures, des choses très précises, des choses effacées, de la couleur, du sombre, comme dans la vie...

 Ed Valentine, un peintre des blessures.

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Jonas Burgert

Publié le 14 Août 2016 par egfrild dans Peintre

Qu'entend des couleurs le chaman-peintre de ce tableau?

Il semble les écouter, écouter ce qu'elles ont de si important à lui dire.

Ne lui confient-elles pas simplement qu'il n'existe qu'à travers elles, que par leur âme, sous les pinceaux envoûtants de Jonas Burgert, sorcier des couleurs lui-même?

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Les temps creux

Publié le 14 Août 2016 par egfrild dans poème

À celui qui toujours
porte son ombre
cachée de la lumière
dans une petite boite en fer
fut donnée une cage

à celle dont personne
n'avait entendu parler
fut accorder un nom
entre poussière et vent
un nom si difficile à retenir
que tous l'oublièrent
menton ployé
sur des paumes vides
chacun avait oublié aussi
l'existence des livres
mains en l'air dans les parcs
les statues s'étaient rendues
pareil abandon
conduisit à la nuit
et la lune
ne fit qu'en rire
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