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egfrild

poésie, partout où elle se trouve...

PAUL-MARIE LAPOINTE

Publié le 24 Septembre 2017 par egfrild dans Poète

PAUL-MARIE LAPOINTE

Hibernations

 

Je laisse en toi voler des oiseaux blancs

peu d’oiseaux sont blancs outre les colombes
sinon d’avoir vécu l’hiver
plantés comme des croix dans l’espace
un déploiement de sécheresse et de frissons
aussi étranges que la neige
a-t-elle autre souci que de se poser sur nous
les villages
les cages

entre les pierres les brindilles sculptées par le vent

nos morts ne s’envolent pas
sinon en nous-mêmes
comme les enfants que nous avons
et qui fraient leur chemin dans l’intérieur

oiseaux blancs aériens ossements

 

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Une porte dans la nuit

Publié le 16 Septembre 2017 par egfrild dans poème

 

une porte dans la nuit

s'agenouille devant un chemin

qui arrange à la va vite ses pierres

infiniment troublé

 

il revient d'une longue marche

au bout de laquelle il a vu

comment il s'éteindrait

 

une étoile à son retour

et pour qu'il oublie sa peine

lui a gonflé un ballon jaune

qu'il traîne comme un enfant

tenant un fil introuvable

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Jörg HERMLE

Publié le 15 Septembre 2017 par egfrild dans Peintre

 

 

Au premier coup d’œil, serrés comme des sardines dans ses tableaux, les personnages de Jörg Hermle paraissent résignés par un terrible ennui. Rarement dans ses toiles deux regards se croisent.

Si le malheur est commun, on ne le discute pas. Même ensemble, les individus sont nus et seuls, comme au premier jour.

De glaçants et profonds miroirs déformants, avec un petit angle presque tragi-comique, que nous propose ce peintre.

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Les arbres s'interrogent

Publié le 8 Septembre 2017 par egfrild dans poème

 

la tête levée au ciel

par la même idée de voyager

des gens les uns derrière les autres

crachent de la vapeur

 

les fenêtres de la ville

meurent d'une lente maladie

provenant de rideaux tirés d'un coup sec

ou de draps secoués sans regrets

 

les rues se croisent sans se saluer

 

il n'est pas rare qu'un inconnu

froidement frappe aux portes

pour demander à ses victimes

un peu de retenue

 

dans les squares mains en l'air

chaque matin les statues se rendent

et des oiseaux très aiguisés

le soir fendent le ciel

 

plus nombreux que les feuilles

les arbres s'interrogent

 

curieux de savoir

si quelqu'un écrit sur lui

quand il tourne le dos

le vent soulève tous les papiers

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Hector de Saint-Denys Garneau

Publié le 10 Avril 2017 par egfrild dans Poète

Hector de Saint-Denys Garneau

Poids et mesure

Il ne s’agit pas de tirer les choses par les cheveux
D’attacher par les cheveux une femme
à la queue d’un cheval
D’empiler des morts à la queue leu leu
Au fils de l’épée, au fils du temps,

On peut s’amuser à faire des noeuds
           avec des lignes parallèles
C’est un divertissement un peu métaphysique
L’absurde n’étant pas réduit à loger au nez de Cyrano
Mais en regardant cela la tête à l’envers
On aperçoit des évocations d’autres mondes
On aperçoit des cassures dans notre monde qui font des trous

Mais un trou dans notre monde c’est déjà quelque chose
Pourvu qu’on s’accroche dedans les pieds
           et qu’on y tombe
La tête et qu’on y tombe la tête la première
Cela permet de voguer et même de revenir
Cela peut libérer de mesurer le monde à pied,
           pied à pied.

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Mohammadreza Momeni

Publié le 1 Avril 2017 par egfrild dans Photographe

Mohammadreza Momeni

Terriblement, étrangement, comme un mur infranchissable dont chaque pierre est une maison.

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Que vais-je faire?

Publié le 6 Février 2017 par egfrild dans poème

j'ai besoin en ce moment

d'une brèche où un visage viendrait sur les talons

me susurrer que ce n'est pas moi qui écris

mais quelqu'un n'existant que chez les autres

 

j'ai besoin d'offrir l'âpre et brûlante mixture

d'une sphère trouée de deux yeux

car sinon

que vais-je faire des mots jamais prononcés pendus en boucle à mes oreilles

que vais-je faire des tables sans gêne appuyées sur mes coudes

des lampes arquées repoussant la nuit

des formes qui avancent

que vais-je faire des portes s'ouvrant les veines avec leur clé

des poux insaisissables et du pain ?

 

j'ai besoin du bruit de pas marchant vers un vrai poème

de clouer des corbeaux sur chacun de mes baisers

car sinon

de mon père mourant chaque jour à la même heure

 

que vais-je faire ?

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Kay Sage

Publié le 27 Novembre 2016 par egfrild dans Peintre

A peine sont-elles nées de son imagination que les cités édifiées par Kay Sage sont déjà désertées, vidées de leurs mystérieux habitants.

Quelle histoire nous échappe ?

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Leonore Fini

Publié le 19 Novembre 2016 par egfrild dans Peintre

Incontournable Leonore Fini...

Ici les cheveux gris et sombres des personnages paraissent se mêler aux nuages, composer un ciel tumultueux, un ciel d'orages prêts à éclater ou qui l'ont déjà fait. La masse noirâtre de l'eau portant l'embarcation ne le rappelle t-elle pas ? Au reste, la robe de la femme assise à droite semble tomber en cascade et rejoindre l'étendue liquide.

Avec Leonore Fini, la poésie n'a jamais été aussi proche. Elle est juste au bout des yeux.

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Claude de Burine

Publié le 13 Novembre 2016 par egfrild dans Poète

Claude de Burine

Le prophète

 

La voix des sources d'abord se tait

Le soleil ne lève plus son front rouge

Dans la forêt.

Puis un jour on perd

La fleur de lavande et le gui de l'hiver,

La bouche d'un amour et ses mains délicates,

Son enfant fée dans la nuit soyeuse.

Alors l'on regagne le silence

Et l'on se tue

Dans la maison ouverte.

 

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